Chapitre XII
Je me suis assise sur sa figure
A l’intérieur de cette penderie, bien rangé sur des étagères et suspendus à des patères, tous mes jouets sexuels attendaient de servir. Bien en vue, on trouvait pêle mêle un fouet, une combinaison en latex, des bottes, des battoirs, des liens en chaîne et en cuir. Mon arsenal n’était pas complet, je commençais juste à monter cette garde robe très spéciale. J’ai saisi une badine, relevé ma robe et passé négligemment la baguette sur mes fesses. L’huissier a reculé de deux pas, mais je ne saurais dire si c’était pour m’admirer ou me fuir. Il a bafouillé quelques mots incompréhensibles mais je lui ai fait signe de se taire.
Vous voyez Martin, ce placard contient des choses pires que les femmes de Barbe Bleue. Regardez-moi, regardez comme je peux jouer ai-je dit en tapotant sans force avec la badine.
Avec ces jouets je suis moi-même : n’est-ce pas plus dangereux que tout ? Voyez comme je me rends compte de ma situation, je sais que je suis une très vilaine fille car je n’ai pas payé ma banque. Il faut que quelqu’un me punisse… Non ? Les meubles, la télé, bof, j’en rachèterai une. Mais mon orgueil, Martin ? Comme ce serait terrible pour moi d’être humiliée et pourtant je le mérite. J’ai scandé mes mots d’un coup plus fort sur ma fesse. Un légère zébrure rouge est apparue.
Tous ces clients imprévoyants que vous rencontrez, qui gâchent vos journées Martin avec leur problèmes. Combien sont-ils à vous supplier de ne pas prendre la commode de leur grand-mère, le lit de leur enfant ? Mais vous vous la trouvez moche la commode et ce con qui pleurniche vous avez envie de le gifler tellement il vous dégoûte d’être à genoux devant vous. Vous aimeriez tant lui faire savoir comme vous le méprisez, comme ça avec des coups sur les fesses. Je me suis de nouveau frappée. Ma robe a atterri sur la moquette et je me suis tournée face à lui, les hanches en avant, ma main libre claquant doucement mes seins.
Regardez-moi, moi aussi je vous supplie. Je suis si embêtée d’être comme eux. Mais c’est comme ça, vous avez le pouvoir, je courbe la tête, j’obéis, j’ai peur. Mais mes meubles, je m’en fiche, moi. Il faut me punir autrement, il faut me faire comprendre, m’ordonner d’économiser, et si je perds de respecter votre travail. Je dois vous avouer, Martin, pardon, j’ai voulu vous séduire tout à l’heure avec ma robe courte. Je vous ai pris pour un moins que rien qui me prendrait en échange de sa discrétion... en échange de la saisie. Mais je comprend que vous n’êtes pas comme ça.Je me suis accroupie largement ouverte. Je continuais à donner des petits coups cinglants sur mes cuisses striées de fines lézardes. Ca me cuisait mais je me délectais de mon spectacle. L’huissier lui était abasourdi, il ne pouvait pas détacher son regard, transpirant un peu plus chaque fois que la badine sifflait. J’ai écarté mes grandes lèvres pour laisser apparaître mes nymphes sanguines.
Voyez comme j’aime, Martin, je dois être punie, je suis si bête de m’être crue plus maligne que vous… Venez, venez près de moi, prenez ce que vous voulez dans le placard… Je suis chaude, non, je serais chaude si vous me l’ordonnez. Apprenez moi à vous respecter, à ne plus dépenser mon argent, à être une bonne cliente, une gentille cliente… Oh, vite, vite… Ooohhh oui, oui, ouiiii !
Avant même qu’il puisse bouger, j’ai joui en balançant mon jus par terre. Cela faisait longtemps que je n’avais plus ressenti une telle excitation. Elle était devenue incontrôlable en le voyant perdre pied pendant que je m’humiliais à loisir pour l’amadouer. Quand je me suis redressée, mes jambes étaient en coton. Nous sommes restés silencieux. Pour le coup, vu le peu de résultat sur lui, j’ai vraiment ressenti de la honte mêlée d’une colère grandissante. Qui était ce type pour rester sourd à mes invites ? Surtout cette sorte d’invitation !
Made… Mademoiselle, je… vous vous méprenez. Je, je ne veux pas hum ça voyez, je ne suis pas… Et d’ailleurs je ne vous méprise pas, ça non. Vous ne devez pas vous rabaisser ainsi, vous ne pouvez pas, vous… je ne dois pas être méchant… c’est moi qui… Oh mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis si désolé… Sachez que je… Je compatis à votre situation litigieuse avec votre banque…De la compassion ! quel drôle de bonhomme ! Est-ce que je m’étais trompée en le prenant pour un sadique qui s’ignore ? Non j’étais sûre que non. J’aurais juré et engagé ma réputation sur cette certitude. Ce type retenait quelque chose de violent en lui, une gêne avec les rapports humains, j’en étais persuadée, tellement sûre. Sa façon méfiante de me considérer dès qu’il était entré. Ces gestes retenus comme s’il voulait saisir un autre objet que mes rares richesses…
Et pourtant il hésitait. Je lui offrais sur un plateau ma soumission, mon corps à fouetter, et il ne franchissait pas le pas. La peur ? La honte ? Un blocage surhumain ? Ou alors… S’il n’était pas dominateur alors… Alors il était soumis ! mais oui, bien sûr… Ce ton malheureux et pleurnichard qui ponctuait les mots de compassion, ces considérations sur le mépris, le devoir, ses excuses foireuses…
Ecoutez, mademoiselle je vais faire au mieux pour vous rendre service. Je peux peut-être vous prêter un peu d’argent ? Ou faire durer la procédure ? Mais ne faites pas ça. Vous êtes si… belle. C’est moi qui suis déplorable, d’ailleurs tout mon métier l’est. Cette fois, j’ai pris le bon chemin :
C’est vrai ça Martin qu’il est moche votre métier. Vous devriez avoir honte. Manipuler tous ces pauvres gens affolés, les ruiner, prendre tout ce qu’ils ont.Oui, oui mademoiselle, oui je sais mais c’est mon boulot. Je ne l’aime pas croyez moi, mais il faut le faire. Hein ?Sans s’en rendre compte, ça se voyait sur sa figure qu’il avait perdu contenance, que l’armure était fendue, qu’il avait dépassé toute retenue, il entrait dans mon jeu. Il fallait faire assez vite pour qu’il ne se reprenne pas : je me suis précipitée sur lui et je l’ai jeté à terre. Il est tombé à genoux, tremblant.
Très bien Martin ai-je repris en affermissant ma voix et en le toisant comme un sous-fifre. T
u te rends compte que tu es un minable abuseur. C’est bien. Ce n’est pas assez. Tu le sais que ça ne suffit pas ?Oui, oui évidemment, je le sais. Très bien. Nous allons t’aider à dépasser tes excuses. Tu vas devoir montrer plus de contrition que ça. Ce ne sont pas des prières qui vont t’absoudre. Va vers le lit, baisse ton pantalon et tends ta croupe. Il est l’heure de montrer ta bonne volonté.Il s’est exécuté avec un empressement étonnant. A présent que son désir secret était percé à jour, Martin avait hâte de rattraper toutes ces années où il s’était retenu. J’avais, lors de mon initiation, ressenti cette même impatience… sauf que mon huissier à fesser ne tergiversait pas sur des histoires encombrantes d’orgueil.
J’ai d’abord consciencieusement appliqué plusieurs fessées sur son postérieur, rose et glabre. La raie sombre laissait apparaître quelques poils bruns et penché comme il l’était on les voyait courir jusqu’à ses couilles qui rebondissaient au rythme de mes coups.
Je ne t’entends pas Martin. As tu oublié que tu devais participer ?Quoi, mademoiselle ? mais quoi, qu’est ce que je peux faire ? Après chaque fessée, tu vas m’avouer qui tu es vraiment… Je ne le répéterai pas deux fois et gueule le bien fort, que tout Paris le sache aussi.Il a entamé sa ritournelle :
je suis minable, je profite du malheur des autres et euh… je suis nul.Putain mais quel empoté tu fais ! «
Je suis nul » !
c’est tout ? j’ai beuglé dans son oreille comme un sergent des Marines.
T’es une merde, t’es une sous-merde, t’entends, tu mérites même pas que je m’occupe de toi ! En plus faut que je te souffle ton texte, ai-je ajouté en reprenant un ton de voix posé et autoritaire : remercie-moi connard, larve, peine à jouir !Merci MademoisellePlus fort putain ! Et en rythme. Chaque fois que tu louperas le rythme, je frappe ton cul de refoulé plus fort.
J’ai pris la badine qui gisait près de moi et je l’ai cinglé de toutes mes forces. J’ai cru que les coups le feraient défaillir tellement il tressautait chaque fois que je le tapais. Mais ça a marché. Il a recommencé son laïus avec une conviction remarquable. Il en chialait presque, mais de bonheur. Mon but n’était d’ailleurs pas de lui faire mal et puis mon con dégoulinait d’impatience. Il ne faut pas trop mélanger les rôles. Je suis plus à l’aise dans celui de la femme soumise que dans celle de la dominatrice. Manipuler un homme était un vrai plaisir, le faire souffrir ne m’amenait pas de réelles satisfactions… Non je n’étais en ce moment là Maîtresse que par obligation… Tout en continuant à le fouetter, je réfléchissais à un jeu qui nous contenterait tous les deux.
Tournes-toi que je vois si tu bandes.Il s’est exécuté. Sa verge raide pointait vers le ciel. Sur les veines qui la parcouraient on pouvait deviner des palpitements affolés. Son cœur battait la chamade, son visage était extatique de jouissance. Une perle de liquide auréolait son méat qui lui aussi donnait l’impression de respirer tant il était dilaté. Le gland de cet huissier commençait à prendre des allures appétissantes. Mais une maîtresse ne s’abaissait pas à sucer ou se faire enfiler. Ce doit être exactement pour cela que je ne me sentais pas une âme de tyran !
Un bon point pour toi, petit huissier coincé. Tu aimes ce nouveau traitement ?Oh oui Mademoiselle, oui tellement. Faites m’en plus, je vous en prie.Allonge toi par terre, pauvre idiot. Tu vas devoir payer encore tes saisies chez des pauvres gens. Tu aimes les asphyxier, hein, sans argent, ils n’ont plus d’air, ils étouffent sous les dettes et toi tu empires leur cas. Dis-le ! Dis-le que tu aimes qu’ils ne puissent pas se défendre, espèce de lâche !Oui, non, non je n’aime pas ça. Je m’en veux, je dois être puni de faire ça, pitié, je ne veux plus être lâche comme ça, pitié.Il est tombé à genoux devant moi, m’agrippant les jambes pour me supplier. A présent il pleurait mollement, tout son corps secoué par des hoquets. Ca m’a un peu foutu mal au cœur, je ne suis pas sadique et un mec qui perd sa dignité… ça me glace. Je devais tenir. Pour mon fric et pour l’emmener là où il fallait qu’il aille.
J’ai miré cette chiffe molle, hésitant à continuer. Quelle lopette. La vache quelle serpillère ! Et puis je me suis revue suppliant les hommes de m’exploser le ventre, bavant, grognant, remuant des fesses pour les aguicher, me jetant sur leur queue pour les exciter, me branlant avec énergie devant eux, à jouir seule pour les acculer au désir. Des tas de souvenirs sont remontés : et j’ai ressenti de nouveau le frisson de la soumission, ce qui me faisait vibrer quand je n’avais plus qu’une chose en tête, baiser là maintenant, oui baiser encore, le vagin affamé, le con agacé d’attendre…
Ce déclic qui se produit à l’instant précis où l’autre se saisit de moi et que, ignorant ce qui va m’arriver, je succombe à cette étrange et redoutable faiblesse… le reddition. J’ai imaginé Martin dans cet état, pile au même instant où tout son être se rend, où il peut s’effrayer une dernière fois de l’inconnu avant d’y plonger. Je lui ai ordonné de s’allonger sur le dos, la queue en l’air, les yeux bien ouverts. Il grelottait.
Je me suis placée juste au dessus de sa tête et m’accroupissant un peu, j’ai joué avec ma fente gorgée de sang et de mouille à à peine 10 centimètres de son nez. Il a fait un mouvement pour se relever et sans doute, me lécher. Je lui ai foutu une gifle.
Tu touches pas, t’entends ? Si tu oses me toucher ou faire un geste, je te claque ta gueule. Si tu essaies de faire quoi que ce soit d’ailleurs. Fais gaffe que je change pas de sens, à la moindre incartade, je te broierai les couilles. Et interrompant mon manège quelques secondes afin de bien l’en persuader, j’ai attrapé ses testicules et les ai pressés fortement dans ma main. Sa face s’est contractée, douloureusement, ses mâchoires crispées ont – de sa propre initiative – réprimé le cri de souffrance qui lui venait. Il a pleuré de nouveau.
Attends, Mister Chose, c’est pas ça le plat de résistance. Si tu veux pas souffrir t’as juste à être obéissant. Je veux pas te faire mal. Je veux que tu comprennes.Oui, Mademoiselle.Tu sais plus dire que ça hein « oui mademoiselle ». Et bin c’est pas la peine de te laisser parler pour si peu.Sans aucune précaution je me suis assise sur sa figure, ma chatte bien écartée pour envelopper le nez et la bouche en entier. Et de là, je me suis amusée à m’essuyer et rebondir sur son menton. Comme Gigi en son temps m’avait utilisée, je dominais à présent mon petit jouet immobile. Ma sauce se répandait partout sur ses joues, je donnais à mes hanches les mêmes ondulations que si je chevauchais une queue, avec la même rage. Me penchant un peu en arrière, je lui ai refilé mon trou du cul à lécher. Sa langue dardait vers moi et ressemblait de plus en plus à un minuscule gode de poche. Je l’entendais vaguement pousser des borborygmes et parfois, une inspiration profonde pour attraper un peu d’air. Mais j’étais si profondément enfouie qu’il ne pouvait qu’aspirer encore plus mes chairs. J’ai retrouvé la badine à portée de main, et je me suis amusée à le cravacher pour lui donner du cœur à l’ouvrage. Qu’il le veuille ou non, il avalait mon foutre pendant que je continuais à cavaler sur lui. Son crâne rougissait. Il était sans doute au bord de l’apoplexie, et je m’en foutais tellement l’orgasme qui me venait promettait d’être explosif.
J’ignore si le pouvoir m’énivrait ou si c’était à cause de sa bouche me pompant avec avidité – à moins qu’il ait été en train de chercher vainement de l’air –, ou si je le devais aux coups de tige que dont je me servais alternativement sur lui et sur moi pour nous activer le sang, mais ma chevauchée devenait folle, et moi avec. Le haut de sa tête qui émergeait à peine entre mes cuisses virait au pourpre signe que l’huissier était à deux doigts de la syncope. Cela aurait du m’arrêter, j’ai repris de plus belle :
Alors machin, t’étouffe hein, mais tu suces bien mon grand oh oui, tu me fais jouir c’est dingue… Dingue, oh merde c’que c’est bon ! Etouffe, c’est ça, mais continue bordel, continue… Bordel, c’est bien, c’est bon, oh oui, oui, là. Attends, le cul oublie pas mon cul… Ta langue, pompe-moi, oui, oh ouiEt je me suis agitée. Ca lui a redonné un peu d’air que je lui cale mon anus sur la langue mais moi je n’avais plus la même sensation de me vautrer sur lui, de le forcer à me lécher. Je n’avais plus ce pouvoir de vie et de mort sur lui… Il pouvait protester. Je serrais mes cuisses avec force autour de lui, sa tête soudée dans mon sexe, aucun interstice, aucun souffle entre nous… Sa reddition, totale, sa fusion, lui devenu simple avaleur par ma voloné…
Voilà ce qu’il me fallait : j’ai attrapé les rares cheveux sur le crâne et tiré vers moi. Dans ma rage de jouir, j’aurais pu le tuer pour le garder ventousé plus longtemps. D’ailleurs ma vulve ne le laissait plus s’en détacher : je me suis poli la chatte sur tout son visage, sans prendre garde à lui, il n’était plus que mon jouet vivant, ma grosse tête à me branler, dédiée au culte de mes orgasmes. De son front à son menton, chaque zone de son visage s’est recouvert du foutre qui a giclé quand j’ai joui. J’ai fait en sorte qu’il en avale un maximum puis j’ai enfin laissé mes lèvres furieuses l’aspirer comme un animal aquatique.
Le calme est revenu doucement.
Une fois mon rodéo terminé, Martin est retombé en arrière, épuisé, respirant fort, goûlument même, redevenant peu à peu d’un joli blanc rosé, couvert de mon jus. Je lui ai jeté une serviette :
Essuie-toi Martin, tu ne vas pas rester avec ma mouille sur la figure. Tu as sûrement de pauvres gens à aller voir, ça ferait désordre.Oui Mademoiselle m’a-t-il répondu d’une voix cassée.
Mais… je ne veux plus y aller mademoiselle, je ne veux plus faire ça, c’est misérable. Aller chez ces gens et tout leur prendre : je ne ne veux plus, c’est moche.Ecoute bien espèce de Jean Foutre. T’as pas à vouloir ou pas, t’as pas à aimer. Tu fais ce qu’on te dit. Tu fais ce que veut ton chef et surtout ce que je veux moi. T’es quoi pour décider au fond ? Rien. Alors tu vas faire ton boulot. Tout de suite. Et dans une semaine pile, tu entends ? Exactement à la même heure, tu viendras ici et tu seras puni. Casse toi maintenant.Il a affiché un sourire radieux et semblait bondir de bonheur tout en se rhabillant. Juste au moment où il sortait je l’ai interpellé une dernière fois…
Comme tu as été très obéissant, j’accepte ton prêt pour payer ma banque… Au fond, j’avais peut-être pas l’âme d’un tyran mais j’en avais la libido.Off