Je l'avais préparée et même rédigée en brouillon mais elle m'est tombée des mains cette dernière lettre à mes lecteurs, vous, dont je ne sais rien, même pas si vous êtes volages ou fidèles, rares ou nombreux. Juste quelques mots encore avant de prendre congé :
J'arrête ce blog, définitivement.
Fannette Duclair existe toujours sur le web, peut-être en édition, peut-être en presse magazine, peut-être sous son vrai nom... peut-être sur un autre blog plus tard.
Mais la Fannette de ce blog disparaît sans perte ni fracas, tout au moins virtuellement. Dans la réalité je me suis égarée dans un bruit de tonnerre et là... là on entre dans l'intime qui n'est finalement pas le sujet de sshhh...
Sshhh veut bien dire ce que ça veut dire : silence à présent.
A tous ceux et celles qui ont aimé me lire, merci car écrire est aussi égoïste que la quête d'un amour des autres et certains d'entre vous me l'ont donné. Un amour littéraire si j'ose parler de littérature pour définir mes textes, enfin simple "écriveuse" comme disait Desproges.
Bref, pour le moment, je ne peux plus écrire ici quel que soit mon "niveau", mon talent ou non. Ma pauvre petite intelligence est rivée à un clou, uniquement préoccupé de ça et mon Dieu, mon Dieu, il ne s'agit pas ici de confidences privées sur oreiller. Sshhh n'était pas un blog sentimental même s'il a été créé par amour, pour surprendre et ravir l'homme qui me tenait.
Des textes appartiennent à un passé révolu, une complicité déchue, lisez-les, vous y décélerez peut-être tout l'amour qui les a fertilisés.
Mais aujourd'hui, le champs est désert, sec, le chant d'amour est en jachère, et je ne peux pas résister à la force qui me pousse à en parler à chaque détour de phrase. Je ne veux pas que ce blog serve à ça. Ce n'était et ne sera jamais sa finalité, sa raison d'être.
J'écris, j'écris beaucoup incessamment, jour et nuit, des mièvreries, plus la douleur est forte plus on est idiote. Et parfois, au milieu, un texte retient mon attention (j'allais dire et c'est vrai aussi "retient mon intention"). Alors je le mets de côté, et je tricote un petit manuscrit larmoyant et joli, sans poésie, sans pudeur. Un chagrin d'amour dénué d'érotisme.
Qui sait, un éditeur qui aimera... Vous, dans une librairie, qui achèterez... sans me reconnaître, j'espère juste que vous aimerez si... Bref. Ne rêvons pas, ne rêvons plus. Ou pas trop.
Voilà donc, en substance, ma dernière lettre, mon dernier billet ou post peu importe le terme, mon dernier passage ici, j'ai beaucoup de travail pour balayer un coeur qui se voulait en béton et qui est pulvérisé dans un corps qui ne sent plus rien. Sauf cette grosse pierre dans l'estomac...
Voyez ! Ca recommence... Je viens dire au-revoir et je parle encore de tout ça, tout ça n'ayant plus guère de prénom à murmurer mais bien une certaine renommée qui me reste étrangère, puisque je n'en suis plus.
Allez, allez, pas d'eau de rose, pas d'épines sans tige ni tuteur, ni une fleur au sommet, la vie est toute petite, bien moins vaste que l'amour. C'est dans la vie qu'il s'agit de revenir, et quand ce sera le moment, j'y serai. J'entrouvre la porte déjà, mais il y a ce foutu et inutile amour, inutile chagrin, pauvre vieille godasse. Il n'a pas sa place dans sshhh et il s'impose...
Alors Stop.
Je suis assez fière de ce que j'ai proposé ici même si cela doit se terminer, même s'il n'y a pas de quoi l'être pour ceux qui le penseraient, peu importe, moi j'ai aimé.
Alors, alors... J'ai encore quelque serrure à crocheter, moi, qui n'ont rien à faire ici. Je me tais, chhhhhuuuutttt !!!!!!
Merci de m'avoir accompagnée.
OFF définitivement OFF